Comenius.Jean-Zay
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Synopsis


Le 1er acte évoque la révolte de Saint-Domingue (Haïti) en 1791-1803 et tourne autour du conflit entre le maintien du Code Noir de 1685 réglementant l’esclavage et la nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme d’août 1789. Il montre la difficulté qu’il y a eu à faire passer les principes de la Révolution avant les intérêts économiques, et surtout que la fin de l’esclavage n’a pas été généreusement octroyée, mais arrachée de haute lutte par les Noirs eux-mêmes, luttant pour leur dignité sous l’égide de Toussaint Louverture.
Le 2e acte évoque l’exploration et l’intégration du Congo à l’Empire colonial français, sous l’impulsion de Savorgnan de Brazza à la fin du XIXe siècle. Il montre comment un projet exaltant l’esprit d’aventure, conduit par un homme pétri à la fois d’humanisme, de patriotisme et d’espoir dans le progrès apporté par la civilisation industrielle, a conduit à une intolérable situation d’oppression et aux scandales entraînés autant par l’arrogance et la bêtise bureaucratique que par la sauvagerie d’administrateurs incompétents livrés à eux-mêmes.

Le 3e acte, autour de la personnalité de Ferhat Abbas, montre comment les gouvernements de la IVe République, dans le souci de garder tout contrôle sur un territoire intégré à celui de la République, ont violé leurs valeurs démocratiques et ruiné tout espoir de véritable mise en œuvre du principe d’assimilation et de mise en œuvre des principes de la Déclaration des Droits.

Prologue

Scène 1 : le coucher

L’enfant et la mère. L’enfant colle les dernières images d’un livre la belle Histoire de l’Union Française obtenues grâce à Banania. Il montre celles qu’il préfère à sa mère, qui a bien du mal à le faire s’endormir.

Scène 2 : les ombres et le Tirailleur

Apparition des ombres de la colonisation, assez menaçantes ; le Tirailleur Banania sort de sa boîte et les tient en respect; effroi de l’enfant qui se réveille ; d’autres ombres veulent entrer (répression de Sétif et de Madagascar). Le Tirailleur explique à l’enfant son erreur : avoir lu le livre depuis la fin, ce qui a le pouvoir de réveiller les morts. Seule solution pour les apaiser: lire le livre entre les lignes, montrer les ombres de la légende dorée. L’enfant et le Tirailleur s’installent pour assister à l’évocation des événements de Saint-Domingue.

Acte 1 : Toussaint-Louverture et la révolte de Saint-Dominique

Scène 1 : Un modèle de colonie

Introduits par Césaire, le blanc Saint-Méry, une esclave et un métis montrent la diversité et les tensions raciales à Saint-Domingue, la plus riche colonie du XVIIIe siècle.

Scène 2 : Le Code Noir

Un présentateur introduit le maître du Code Noir, un affreux chien, dont les déjections offrent à lire les principaux articles du Code régissant le statut des esclaves.

Scène 3 : La Déclaration des Droits

Le présentateur introduit la Déclaration qui offre sous forme de bonbons ses principaux articles, auxquels réagissent, en fonction de leurs intérêts, les personnages de la scène 2. Les députés de l’Assemblée Nationale interviennent et débattent de l’opportunité de conserver des colonies, mais le débat est enterré par le parti des colons. Le métis Raymond se faisant menaçant, Saint-Méry lui raconte la répression de la première insurrection des métis.

Scène 4 : Car nous sommes des hommes

Nuit du Bois-Caïman, révolte des Noirs (1791) scandée dans un dialogue entre le chœur et le Coryphée. A l’Assemblée, discours de Danton pour l’abolition de l’esclavage (1794). Toussaint –Louverture devient le maître de Saint-Domingue (1801), mais Bonaparte rétablit l’esclavage et envoie une armée qui le fait prisonnier (1802). Dessalines prend la relève, chasse les Français décimés par la maladie et proclame l’indépendance d’Haïti. Saint-Méry obtient du Coryphée un sortilège pour effacer ces événements de la mémoire des Français. Triomphe du Code Noir rétabli dans les autres colonies, mais il est finalement mis en déroute par la Déclaration (1848).

Acte 2 : Brazza et la colonisation du Congo

Scène1 : En remontant l’Ogooué

L’enfant s’est endormi, on le porte sur son lit.
Ambiance de forêt équatoriale. Un compagnon de Brazza écrit une lettre où ressort la fascination de l’aventure africaine. Sur le lit, l’enfant réveillé joue à pagayer sur l’Ogooué.

Scène 2 : Les fées carabines

Imaginant l’attaque d’une tribu hostile, l’enfant se met à tirer au fusil comme un forcené. Le Tirailleur l’observe d’un œil critique, et appelle les fées Pétarade, Gâchette et Bombardette à améliorer son armement. Les fées développent la logique qui conduit de l’exploration à la conquête. Intervention de Maléfique qui cherche à rétablir un équilibre des forces par la contrebande des armes. Le Tirailleur explique à l’enfant atterré par l’enchaînement de la violence que la conquête n’a pas été une partie de plaisir.

Scène 3 : Brazza et le Makoko

Le Tirailleur présente à l’enfant une reconstitution de la rencontre de Brazza et d’un roi congolais, le Makoko, (1880) qui aboutit à un traité où le Makoko abandonne à la France la souveraineté sur le Congo. La représentation dérape, sous l’effet des interruptions de l’enfant : les interprètes interviennent pour donner leur avis sur les motivations des personnages, surtout sur l’illusion humanitaire de Brazza.

Scène 4 : L’affaire Gaud-Toqué

L’enfant croit voir revenir sa mère, mais l’interprète a changé de rôle : il s’agit de Toqué, un administrateur condamné en 1905 pour un crime affreux, qui décrit à l’enfant horrifié les pratiques courantes dans la région de l’Oubangui-Chari. Il conclut sur la mort de Brazza, à l’issue d’une mission d’enquête déclenchée par le scandale. Le rapport de Brazza ayant été enterré, presque rien ne change.

Scène 5 : le drame du Congo-océan

En 1929, Albert Londres décrit les pratiques présidant à la construction du train dont avait rêvé Brazza, un chantier particulièrement meurtrier en raison de l’incurie de l’administration et du mépris pour la vie des indigènes.

Scène 6 : le Congo-océan aujourd’hui (audiovisuel)

Héritage de la colonisation, le Congo-Océan reste en service, malgré les problèmes politiques de l’actuelle république du Congo.

Scène7 : La logique du pouvoir

A l’enfant rêvant que les choses auraient pu se passer autrement, le Tirailleur répond cyniquement que c’est la logique de n’importe quel pouvoir.

Acte 3: Ferhat Abbas et l'insurrection algérienne

Scène 1 : Le jeune Algérien

Après s’être fait prier, (il souhaite maintenant dormit tranquille) l’enfant accepte d’écouter Ferhat Abbas, qui raconte le traumatisme de la conquête, la longue revendication de l’égalité et les élections truquées, mais aussi l’apport de la culture française et l’appel à la fraternité des races et au rejet de la violence.

Scène 2: la Toussaint 54

La coryphée intervient avec le chœur pour annoncer le déclenchement de la guerre d’Algérie et l’accumulation de nouveaux morts. L’enfant s’insurge contre cette nouvelle irruption et rappelle au tirailleur sa promesse d’apaiser les morts et de ramener la paix. Celui-ci répond que l’essentiel est déjà fait. Il ne manque plus que l’offrande d’une pensée.

Scène3: la paix des âmes

Offrande de courts textes : les "bribes d’outremer" : odeurs, objets, paysages, coutumes, etc. Un audiovisuel montre un jardin luxuriant à la manière du Douanier Rousseau se développant sur l’écran, en guise de mémorial. Les ombres s’évanouissent, l’enfant s’apaise. Le Tirailleur rentre dans sa boîte.

flechehaut

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2006