Comenius.Jean-Zay
accueil dictionnaire reportage portfolio divers contact


retour


Acte 3 : Ferhat Abbas et l'insurrection algérienne

  1. Scène I
  2. Scène II
  3. Scène III

Scène 1 : Le jeune Algérien

Entrée de Ferhat Abbas. C’est le même interprète que pour Brazza.

Le tirailleur
Ecoute ce que cet homme va te dire.
L’enfant 
Ah non ! La dernière fois, ça m’a suffit ! J’en ai par-dessus la tête de tous ces gens qui défilent dans ma chambre. Elle va se pelotonner dans son lit.Maintenant, dodo !
Le tirailleur
Mais écoute au moins un peu !
L’enfant 
Non, je ne veux rien écouter ! ça va encore me faire pleurer, et moi, ce que je veux, c’est dormir ! Dormir, tu entends ?
Le tirailleur
Arrête de faire l’enfant, et regarde au moins qui est là !
L’enfant 
Non, non, non, je ne veux rien voir !
Le tirailleur
Il la prend dans ses bras, et la force à tourner la tête.
L’enfant 
Tu me fais mal ! Lâche-moi !
Le tirailleur
Je ne te lâcherai que si tu ouvres les yeux ! Alors, qu’est-ce que tu en dis ? Tu ouvres les yeux, ou on reste comme ça toute la nuit ?
L’enfant 
D’accord, d’accord, j’ouvre les yeux…
Le tirailleur
A la bonne heure !
L’enfant 
… mais seulement si tu me promets que c’est la dernière fois, et qu’après, on dort ! On dort !
Le tirailleur
Sur la tête de ma mère ! Juré ! Il crache.Craché !
L’enfant 
Je ne t’en demandais pas tant ! C’est Maman qui va être contente !
Le tirailleur
Alors, qu’est-ce que tu en dis ?L’enfant ouvre les yeux.
L’enfant 
Ravie.Oh, mais c’est Savorgnan de Brazza !
Le tirailleur
Euh, non, pas vraiment…
L’enfant 
Ah, ben pourtant, il lui ressemble…
Le tirailleur
Peut-être, mais tu vois bien qu’il n’est pas habillé pareil.
L’enfant 
C’est vrai, il n’a pas ce drôle de chapeau sur la tête !
Le tirailleur
Ce chapeau, comme tu dis, on appelle ça un casque colonial ! C’est réservé aux colonisateurs, pour montrer qu’ils ne sont pas comme les indigènes ! Et lui, c’est pas un colonisateur, c’est un colonisé.
L’enfant 
Mais il a un beau costume, comme un européen !
Le tirailleur
Mais oui ! C’est ce que les Français appellent un indigène évolué. Un de ceux qui ont fait des études.
L’enfant 
Ah oui ? De quoi ?
Le tirailleur
Eh bien, tu n’as qu’à le lui demander !
Ferhat Abbas
Dites, je ne pourrais pas commencer par me présenter? Parce que vous êtes mignons, là, tous les deux, mais tout de même, je n’ai pas que ça à faire…
Le tirailleur
C’est vrai, excuse-moi, camarade, on t’écoute !
Ferhat Abbas
Je vous demande pardon?
Le tirailleur
Euh… je veux dire : je vous en prie, monsieur, c’est à vous.Il s’écarte.
Ferhat Abbas
Donc, je me présente: je m’appelle Ferhat Abbas, et je suis docteur en pharmacie.
L’enfant 
Au tirailleur.Chic alors ! Il va peut-être pouvoir me donner un médicament !
Ferhat Abbas
Il s’approche.Un médicament? Mais pourquoi donc, mon enfant?
L’enfant 
Mais pour dormir ! J’en peux plus, moi !
Ferhat Abbas
Tu vois ce que c’est, quand on n’écoute pas sa Maman, et qu’on se couche trop tard ? Après, on n’arrive plus à s’endormir. Tu me fais une place ? Elle se pousse d’assez mauvaise grâce, il s’assied sur le lit.
L’enfant 
C’est pas de ma faute ! C’est mon livre, j’avais pas envie de le laisser, les images sont trop belles !
Ferhat Abbas
« La belle histoire de l’Union Française! » C’est un beau livre, en effet. Mais tu sais, ce ne sont que des images, la réalité, c’est autre chose ! Moi, tu vois, je suis algérien. Eh bien, je peux te dire que la conquête de l’Algérie par les Français, ça n’a pas été rose ! Maintenant, j’habite Sétif, mais je suis né en Kabylie. C’est la montagne, un pays rude qui nourrit à peine ses habitants. Des oliviers, des figuiers, un peu d’orge, c’est tout ce qu’on peut faire pousser. Malgré tout, mon grand-père n’était pas pauvre, il avait des terres. En 1852, quand le général de Saint-Arnaud est arrivé avec son armée, mon grand père a pris son fusil comme tous les gens de son douar (c’est comme ça que nous appelons nos villages). Dans la montagne, tous les hommes sont des guerriers, et ils se sont farouchement battus, mais que faire contre toute une armée ? Là, les soldats français se sont contentés de brûler les maisons, de couper les oliviers et de confisquer le bétail et le grain. Mais en 1871, quand toute la Kabylie s’est soulevée, ça a été pire encore: toutes les terres ont été confisquées pour les donner à des Alsaciens. C’est comme ça que mon grand-père est devenu ouvrier agricole, à gagner un franc cinquante pour quinze heures de travail sur sa propre terre, qui était devenue celle d’un autre. Mon grand-père disait : « Ce n’est pas nous qui avons été vaincus, mais nos fusils. » Cette humiliation d’être vaincu sans l’avoir mérité, et de tout perdre, cette amertume de la soumission, tous les petits algériens la connaissent : leurs parents leur ont raconté. Et même si mon père, à force d’intelligence, d’astuce et de travail, a réussi à rétablir notre famille dans une certaine aisance, je ne peux pas me sentir différent de tous ces paysans qui croupissent encore dans la misère.
L’enfant 
le 78e, celui de la Seine-et-Oise.
Ferhat Abbas
Bravo ! Mais tu sais, un jour, ça va peut-être changer, les populations de la Seine et de la Seine-et-Oise ont tellement augmenté !
L’enfant 
Mais alors, si l’Algérie, c’est la France, toi, tu es Français, comme moi !
Ferhat Abbas
Ah! C’est là tout le problème ! L’Algérie, c’est la France, mais les gens d’ici, n’ont jamais vraiment été des Français. Les vrais Français, ce sont les européens, les colons ! Pour ceux là, les autres, les indigènes, ce ne sont que des « bicots », ou des « ratons ». Et quand j’étais enfant, à l’école, les petits français nous appelaient « les fromages rouges », à cause de la chéchia, ou « les cailloux rasés », parce que nos mères nous coupaient les cheveux à ras.
L’enfant 
Ce ne sont pas des mots très gentils…
Ferhat Abbas
Non, pas vraiment…
L’enfant 
Mais pourquoi ils pensent que vous n’êtes pas comme eux ?
Ferhat Abbas
Parce que nous voulons rester différents. Nous voulons rester nous-mêmes. Nous, nous sommes musulmans. Voici ce que chacun d’entre nous peut dire : « l’Islam est ma religion, l’arabe ma langue, l’Algérie ma patrie. » L’Islam, vois-tu, ce n’est pas seulement une religion, c’est toute une organisation sociale, fondée sur l’égalité et la fraternité. C’est une grande famille sans frontière, la communauté des croyants. Quand j’étais enfant, pour avoir tous les droits du citoyen français, pour être naturalisé, il fallait que l’indigène sorte de la famille. Certes, la République ne lui demandait pas de devenir chrétien, mais d’adopter toutes les lois françaises sur l’organisation sociale, du mariage à l’héritage. De sorte que sa famille n’aurait plus pu le reconnaître comme l’un des siens. Et cela, on ne pouvait pas l’accepter. Nous devions pouvoir être pleinement français et pleinement musulman.
L’enfant 
Mais maintenant, vous l’êtes ?
Ferhat Abbas
Presque. Depuis les ordonnances de 1944 et le statut de 1947. Tous les indigènes de plus de 21 ans peuvent voter. Mais c’est trop tard. Partout, les peuples colonisés réclament leur indépendance. En Indochine, l’armée française a subi une défaite décisive. Le peuple algérien a trop attendu. Maintenant, ce qu’il veut, c’est la reconnaissance de la citoyenneté algérienne et une république algérienne jouissant de l’autonomie par rapport à la France, et peut-être même l’indépendance. L’intégration, personne n’y croit plus. Parce que tu vois, ce droit de vote qu’on a bien voulu nous donner, avec plus d’un siècle de retard, il faudrait au moins qu’il ait un sens.
L’enfant 
C’est bien, d’avoir le droit de vote, non ?
Ferhat Abbas
Les français d’Algérie ont 60 députés, et les musulmans en ont 60 aussi. Eux sont 900 000 et nous, près de 8 millions ! Tu trouve ça juste, toi ?
L’enfant 
Ben quoi, c’est toujours ça ! Vous pouvez au moins vous faire entendre !
Ferhat Abbas
Même pas ! Tu vois, il y a d’un côté les candidats qui veulent une république algérienne, comme ceux du parti que je dirige, l’UDMA, et puis de l’autre côté, les candidats dits « indépendants », c'est-à-dire ceux de l’administration française, ceux qui feront tout ce qu’on leur dira pour que rien ne change. Le gouvernement a fait d’abord fait arrêter une quarantaine de candidats algériens pour des motifs divers, comme d’avoir seulement évoqué l’idée de l’indépendance. Ensuite, on a fait fabriquer des urnes spéciales : quand on glisse le bulletin, il descend directement dans une trappe dissimulée sur le côté de l’urne, et quand on ouvre l’urne, on ne trouve que des bulletins pour les candidats de l’administration, évidemment déposés d’avance. Ici les délégués des partis sont empêchés de surveiller la régularité des élections, là c’est le sous-préfet qui décide d’inverser les résultats, et ailleurs ce sont des soldats qui poussent les électeurs, mitraillettes dans les côtes pour qu’ils choisissent le bon candidat et qui tirent sur les protestataires ! Voilà ce qu’on appelle des élections « à l’algérienne » Voilà ce que sont la liberté et l’égalité pour l’administration française !
L’enfant 
Alors, tu ne dois pas beaucoup l’aimer, la France.
Ferhat Abbas
Ne crois pas cela. Il faut faire la différence entre la France et ceux qui commandent en Algérie. La France, pour moi c’est d’abord celle que m’a appris l’école, une France qui est le symbole de la liberté. A l’école, j’ai oublié les blessures de la rue et la misère des douars en chevauchant avec les révolutionnaires français et les soldats de l’an II. D’une certaine façon, l’école m’a appris le patriotisme. Tu vois, on ne passe pas sa jeunesse avec Pascal, Corneille, Racine, Danton, Saint-Just, Pasteur, Hugo, sans acquérir un certain civisme, avec le sens du devoir et le respect de soi ! Je suis resté musulman et algérien par toutes les fibres de mon être, mais la culture française m’a donné un sens élevé de la vie et m’a fait mesurer les valeurs de la démocratie et de l’humanisme vrai. Je lui resterai toujours fidèle. Le malheur, c’est que seulement un enfant algérien sur dix va en classe et profite de la culture française, alors que c’est le cas de presque tous les enfants français.
L’enfant 
Alors tu voudrais qu’ils s’en aillent, les enfants français ?
Ferhat Abbas
Certainement pas! Je suis, moi, pour la fraternité des races. Ma compagne est une Française. Sa famille est venue d’Alsace, au début de ce siècle. C’est contre les mauvaises lois que nous luttons, pas contre les personnes. Mais il faut que les jeunes français renoncent à la mentalité du colonial, à l’attitude du maître vis-à-vis du sujet. Dans l’égalité, il y a une place pour tous en Algérie. Mais c’est vrai qu’après les terribles événements de Sétif un fossé terriblement profond s’est creusé… Tu sais, on ne saura jamais vraiment le nombre des morts. Des milliers, en tous cas…
L’enfant 
Tu y étais, toi, puisque tu habites Sétif?
Ferhat Abbas
Oh, non, j’étais à Alger, à la réception du gouverneur général pour célébrer la victoire alliée, et je n’étais au courant de rien. On m’a arrêté sur les marches de la résidence, en même temps que des dizaines qui n’y étaient pour rien non plus. Je suis resté emprisonné onze mois, j’ai eu le temps d’y réfléchir : ce sont des partisans de Messali Hadj qui ont lancé le peuple dans cette insurrection, et c’est le peuple qui a payé. L’emploi de la violence est un crime contre le peuple. J’aurais aimé pouvoir lui crier alors : « Ceux qui t’ont conseillé la rébellion te trahissent. Ils ont déshonoré tes malheurs. Hier, ils t’ont poussé contre de pauvres Français qui n’étaient pas tes ennemis. Demain, ce sera contre d’autres musulmans. La lutte de tribu à tribu recommencera. La féodalité arabe reprendra tous ses droits et tu crèveras sous d’autres privilèges, sous d’autres impôts, sous d’autres arbitraires. » Cela va bientôt faire dix ans, et rien n’a changé. Aujourd’hui, la colère est à son comble. Le peuple se tait, mais son silence est fait de mépris et de révolte. Je l’ai dit au nouveau président du Conseil de la République Française, Pierre Mendès-France : il faut que le gouvernement français mette fin à la fraude électorale, qu’il engage rapidement des réformes, sinon…
flechehaut

Scène 2: la Toussaint 54

Le choeur
Ce sont les ombres du début, mêlées aux esclaves du premier acte, qui rentrent par les côtés.Car nous sommes des hommes, car nous sommes des hommes…
L'enfant
Qu’est-ce que c’est encore ? Oh non, ça recommence !
Le choryphée
Cette nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, entre minuit et 3 heures du matin, la tempête se lève sur l’Algérie. Des bombes explosent à Alger. Dans le département d’Oran, des fermes sont attaquées, des récoltes brûlées. Un européen qui veut donner l’alerte est tué. Dans la Mitidja, dans les Aurès, des gendarmeries et des casernes subissent elles aussi des attaques. C’est dans le département de Constantine que le bilan est le plus lourd : plusieurs soldats sont tués.
Le choeur
Car nous sommes des hommes !
L'enfant
Arrêtez ! Arrêtez ! Taisez-vous, par pitié !
Ferhat Abbas
Laisse-la parler, il faut que je sache…
Le choryphée
Et demain matin, au petit jour, l’autobus de la ligne Biskra-Arris sera arrêté dans les gorges de Thiganimine par des hommes en armes. Ils feront descendre un chef du village, et parce qu’il est aux ordres des Français, ils l’abattront. Et un jeune Français, qui voudra s’interposer sera abattu aussi. Il s’appelle Guy Monnerot, c’est un jeune instituteur métropolitain idéaliste qui a choisi de venir enseigner dans le bled. C’est une véritable guerre qui commence, à l’initiative du FLN, le Front de Libération Nationale. Elle va durer plus de 7 ans, et il y aura plus de 300 000 morts : 30 000 Français, et 300 000 Algériens.
A Ferhat Abbas.Je lis dans tes yeux que tu t’inquiètes pour les tiens. Donne-moi ta main, et je te dirai ce qu’il en sera.
Ferhat Abbas
Il tend la main, puis se rétracte.Non, non…
Le choryphée
Allons, donne-moi ta main, je vois bien que tu brûles de savoir.
Ferhat Abbas
Je te dis que non, laisse moi…
Le choryphée
Enfin, donne-moi cette main ! Elle la prend de force.
Voici d’abord ce qu’il en sera pour toi. Tu vas devoir t’exiler, parce que tu vas te rallier à l’insurrection. Tu détestes la violence, mais au fond de toi, tu sais bien qu’à présent, il n’y a plus d’autre issue. Et tu seras le premier président du gouvernement provisoire de la République Algérienne, puis le président de l’Assemblée Constituante de l’Algérie indépendante. Tu vois, tu as encore de longues années devant toi. Mais elles te seront amères, et tu connaîtras encore la prison, car les nouveaux maîtres de l’Algérie ne seront assurément pas des démocrates.
Mais ce n’est pas cela qui t’inquiète, je le sais. Eh bien, voilà pour les tiens :
Le premier à tomber sera ton neveu, Allaoua Abbas, abattu par des membres du FLN. Puis ton frère Mohammed-Salah, ton beau-frère Bel Abdelmoumen Hamou, Brahim, l’époux de ta nièce, tes neveux, Rachid et Abderrahmane Abbas, les trois frères Bousdira et les quatre frères Mansour. Quinze au total. Et tes amis européens : …
L'enfant
Maintenant, une bonne fois, ça suffit ! J’en peux plus, j’en peux plus, j’en peux plus, de tous ces morts ! Il y déjà tous ceux qui nous assiègent, et en voilà encore d’autres ! Je n’y suis pour rien, moi ! Je veux qu’ils me laissent en paix ! Qu’ils me laissent vivre ! (Au tirailleur) Tu ne m’avais pas dit que tu savais comment les apaiser, pour qu’ils nous laissent enfin, qu’ils nous laissent?
Le tirailleur
Calme-toi, on a déjà fait l’essentiel. C’est bientôt fini.
L'enfant
Et qu’est-ce qu’il manque encore ?
Le tirailleur
Presque rien : une offrande. Pour chacun, l’offrande d’une pensée, d’un éclat de lumière ; un souvenir de là-bas, une bribe d’outremer… Et la paix descendra sur notre nuit. Tu seras libérée des ombres du passé. Allonge-toi, maintenant, laisse faire le temps, et dors…

Tandis que sont dites les « bribes d’outremer », un jardin luxuriant se développe sur l’écran. Les ombres se retirent lentement. L’enfant s’allonge et ne bouge plus. Le tirailleur rentre dans sa boîte, puis le jardin s’efface dans l’obscurité.

flechehaut

Scène3: la paix des âmes

BRIBES D’OUTREMER

Pour Allaoua Abbas,
Automne de notre enfance à Paris :
Pluies ruisselantes
Le long des rochers du Mali.
Pour Guy Monnerot,
Afrique et Antilles,
Traditions festives, calalou exquis
Eclatantes peaux sombres,
Nostalgie des hibiscus
Pour Mohammed-Salah,
Papillon des îles,
Sur les flots des Caraïbes,
Senteur de coco
Entre volcan et plage.
Pour Pierre Divisia,
Eau du torrent de la vallée,
Pierres dorées par le soleil,
Fumée des montagnes flamboyantes
Les jours d’été
Pour Bel Abdelmoumen Hamou,
Hautes herbes arrosées par la pluie,
Rizières d’Asie
Qui apporteront
L’abondance de riz
Pour Gilbert Saramit,
Dattes des palmiers,
Délices sucrées
Dont on se régale avec malice.
Pour Rachid et Abderrahmane Abbas,
Doux parfum de printemps.
Délices des plats de mon Algérie,
Parfum coloré des jasmins,
Pour Louis Schambri,
Sur le bord des routes,
Odeur de viande grillée,
Beignets dorés
Fruits aux couleurs sucrées.
Pour les trois frères Bousdira,
Alger, Casbah,
Vers le milk café,
Un épicier : thym, cumin, curry.
Pour Paul Saurin
Rose de l’Orient,
Eclatante de fraîcheur,
Senteur poudrée
Qui m’emplit de bonheur.
Pour les quatre frères Mansour.
17 heures,
Cachée à l’ombre d’un manguier
Ta lumière fait encore mûrir les fruits.
Au pied du cocotier,
Fraîchement coupé à la hache
Du lait se déverse.
Sur le côté
A la renverse
Un bananier

Les ombres se retirent lentement. L’enfant s’allonge et ne bouge plus. Le tirailleur rentre dans sa boîte, puis le jardin s’efface dans l’obscurité.)

flechehaut

retour


2006