Rêves Parallèles
de BREUILLARD Delphine & NIEWIADOMSKYJ Laura
Scène I
Dans le train…
- Bastien
- Je peux m’asseoir ?
- Agathe
- Oui, oui la place est libre.
Elle retira son sac et le pria de s’asseoir, il ne la regarda même pas.
Long Silence.
- Agathe
- Ca vous dérange de discuter un peu avec moi ?
- Bastien
- Eh bien …vous savez ça peut pas me faire de mal.
- Agathe
- J’m’ appelle Agathe...
- Bastien
- …Bastien.
Silence.
- Agathe
- Je vais me chercher un café. Quelque chose vous ferait plaisir ?
- Bastien
- Non, c’est gentil mais je n’ai pas soif.
Elle revint et renversa accidentellement son café sur lui.
- Agathe
- Oups ! Je suis désolée. En ce moment j’ai la tête dans les nuages.
- Bastien
- Vous savez c’est vraiment le cadet de mes soucis.
- Agathe
- Non, non je suis désolée. J’espère que vous avez un change.
- Bastien
- Non, je suis parti précipitamment ce matin.
- Agathe
- Vous êtes sûr que cela va aller ? Vous semblez préoccupé par quelque chose.
- Bastien
- Pour faire court, je me suis enfui, une embrouille familiale.
- Agathe
- Oh vous savez moi non plus ça ne va pas très fort avec ma famille.
Mes parents ne font pas attention à moi, je suis toujours seule, quelle vie monotone…
Oh mais, je parle, je parle et vous ?
- Bastien
- Bah…moi c’est mon père…
Depuis la disparition de ma mère, je ne peux plus le supporter.
- Agathe
- Oh, je suis navrée. Je vous parais peut être bizarre à toujours m’excuser
mais je le pense sincèrement.
Silence.
- Agathe
- Après la pluie vient le beau temps, c’est ma philosophie. Tout s’arrange un jour
ou l’autre.
- Bastien
- Vous savez…ça me rassure d’entendre ça.
Ils se revirent plusieurs fois
Scène II : MONOLOGUES
En a parte : les personnages se parlent à eux-mêmes
- Agathe
- Ca y est ! Je l’ai fait !
- Bastien
- Je me suis enfin jetée à l’eau ! Je vais la faire cette grande école de commerce.
- Agathe
- Est-ce que t’as réellement bien fait ma pauvre Agathe ? (hésitation)
Oui…, oui ! Tu l’aimes, il t’aime !
- Bastien (comme si il continuait sa phrase)
- Oh que je l’aime ! Je vais la rendre heureuse mon Agathe !
Enfin…J’espère…. (le doute s’installe)
- Agathe
- De toute façon je n’aurais pas fini ma vie chez eux ! Vieille fille à 30 ans
non merci, très peu pour moi !
- Bastien
- Tu vas voir papa si ton fils est toujours un incapable ! Et elle va être fière Agathe
elle qui voulait tant que je continue mes études !
- Agathe
- Faut que je l’appelle ! Il faut qu’on partage cette bonne nouvelle !
Il va être tellement content!
- Bastien
- Est-ce qu’elle va avoir eu le courage de tout quitter ?
- Agathe
- Oh ! Je l’aime tant ! Je ne pensais pas accéder si tôt à mon rêve d’enfant,
rêve de toutes les femmes, de toutes les petites filles !
- Bastien
- Tout quitter, sa famille, ses amis pour moi. Enfin…est-ce qu’il est suffisant
pour elle ce «moi»…. ?Ce « moi » qui n’a pas d’argent, qui ne peut rien lui offrir.
- Agathe
- Je vais enfin fonder une famille. Avoir les enfants dont j’ai tant rêvé et
finir ma vie avec Bastien. Vivre d’amour et d’eau fraîche se contenter du peu qu’on a : c’est ça une
vie heureuse.
- Bastien
- La seule chose que je puisse faire c’est me concentrer encore et toujours sur
mon travail. Son bonheur c’est ça que je veux.
- Agathe
- Bon je l’appelle ! (impatiente) Allô ?!?
- Bastien
- Allô ?
Scène III : 6 ans plus tard…
Bastien rentre et se dirige vers sa femme, Agathe, pour l’embrasser.
- Bastien
- Bonsoir…
- Agathe
- Bonsoir. (d’un ton amer en l’évitant)
Il s’asseoit et lit. Il va brusquement vers la commode, empoigne une
cigarette, l’allume.
Elle fouille dans son sac.
- Bastien
- Qu’est ce que tu fais ?
- Agathe
- Non rien je me demandais seulement pourquoi tu avais encore des billets
d’avion dans ton sac ! (avec une voix montant en crescendo) Tu m’avais pourtant promis que tu
repartirais plus ! (les larmes aux yeux)
- Bastien
- Oh mais ma chérie, tu comprends, c’est pour le travail… (avec un ton calme)
- Agathe
- Mais pourquoi tu es tant omnibulé par ton travail ? Je suis quoi moi dans l’affaire ?
- Bastien
- Tu sais très bien que c’est pour toi que je fais ça… (d’un ton désespéré)
- Agathe
- Mais moi je n’attends rien de toi. Il n’y a que ton amour qui m’importe.
- Bastien
- Je croyais que tu voulais une vie aisée, une belle maison, un beau jardin.
Je croyais que tu étais heureuse ici, que je te faisais plaisir. Je croyais…
- Agathe
- Arrête de croire ! Tu ne vois pas que je ne suis pas heureuse.
C’était pas d’argent dont j’avais besoin…C’était de toi. (d’un ton mélancolique)
- Bastien
- Et moi qui pensais te connaître, qu’on allait au même endroit.
Je vois qu’on a pris des chemins différents depuis longtemps.
- Agathe
- C’est toi et ton travail qui nous ont détruit. Moi je t’ai rien demandé !
Tu voulais plus TE prouver que t’étais pas un raté ! Un raté comme ton père !
- Bastien
- Ne me compare pas à lui…
Le téléphone sonne.
- Bastien
- C’est le travail, je DOIS répondre.
Agathe lui arrache le téléphone des mains et le raccroche violemment.
- Agathe
- Comment on a pu en arriver là ?? Tu ne me regardes plus ! Tu ne me souris plus !
Tu ne m’aimes plus !
Elle ouvre le tiroir de la commode et en sort un pistolet.
- Bastien
- Agathe, mais qu’est ce que tu fais ?! Pose ce pistolet !
Elle porte le pistolet à sa tempe.
- Agathe (à bout de forces)
- Bastien …Tu m’aimes ?.... (silence) Dis moi que tu m’aimes !
Long silence.
Agathe tire et tombe.